FLUIDES : Sperme, sang, crachat, gras… pourquoi tant de haines ? Miroir/Miroirs n° 7



Que reste-t-il de nos tabous ? Que reste-t-il de l’inconfort ressenti face à des corps qui ne semblent pas être en contrôle ou qui refusent de se conformer ? Ce numéro de Miroir / Miroirs prend les tabous entourant nos fluides et nos matières par les cornes en les resituant dans l’espace social, artistique et médiatique.


LES FLUIDES ? La cellulite sur les jambes, le ventre ou pire !, sur les bras, qui avoue le laisser-aller de la personne. Le sang visible des menstrues dans la culotte des filles qui ont attendu trop longtemps avant de se changer. L’excrément, son bruit et son odeur qui humilient celui qui le produit, comme si personne d’autre ne partageait le même quotidien. Pourquoi les fluides que notre corps sécrète nous font-ils tant horreur ?
 
Transpirer devant tout le monde… jamais de la vie ! Cracher dans la rue… quel manque de savoir-vivre ! Et surtout quel manque d’éducation quand on sait que le glaviot véhicule des maladies comme la tuberculose. D’ailleurs, le crachat, à présent légiféré, a essayé d’être éliminé de la ville et de la société, preuve que l'hygiène et la prévention médicale influencent la structure de la maison, comme la structure de la cité et les mœurs qui les fondent. La transpiration, de même que le crachat, le sperme et les déchets corporels dans leur ensemble sont confondus avec un imaginaire du sale et du dégoûtant dont la clinique a elle-même construit la phobie. Toute déjection corporelle dégage un potentiel menaçant largement retrouvé dans la littérature médicale depuis l’hygiénisme du 19ème siècle.
Mais que nous dit cette honte de nos fluides corporels sur les hommes et les femmes modernes que nous sommes ? Que nous ont fait les fluides pour mériter tant de haine ? Est-ce parce que cet intérieur qui aurait dû rester caché nous trahit en se révélant au grand jour ?

Ce numéro prend donc les fluides par les cornes en les resituant dans l’espace social, artistique et médiatique. Du corps trans qui provoque le vomissement de l’homme cis dans la culture télévisuelle à la peur des fluides du corps sidéen que l’on fantasme encore contagieux, sans oublier les menstrues et autres liquidités féminines embarrassantes, aux athlètes affirmant leur virilité par la transpiration, et aux artistes et performeurs qui mettent nos tabous sur le devant de la scène, nous explorons ici ces objets qui nous foutent la honte sans trop savoir pourquoi.
 
Miroir/Miroirs n°7 - Dirigé par Lucille Toth
FLUIDES : QUE RESTE T-IL DE NOS TABOUS ? Sperme, sang, crachat, gras… pourquoi tant de haines ?
LA UNE EXISTE EN DEUX VERSIONS !

SOMMAIRE :
  • EDITO : « Mon fluide à moi, il me parle d’aventures », par Lucille Toth >> LIRE EN INTEGRALITE ICI !
  • SOCIOLOGIE : Les fluides comme médiateurs du dégout : l’exemple des corps trans, par Arnaud Alessandrin
  • SANTE : Le sida et ses fluides, par Lucille Toth
  • ARTS : Les règles, un retour du sacré et du visible ? par Eftihia Mihelakis
  • ETHNOLOGIE : Un tour du monde des règles par Jérémy Patinier
  • ETHNOLOGIE : Un tour du monde du sperme par Jérémy Patinier
  • ARTS : Jan Fabre : des flux d’urine et de sang, par Roland Huesca
  • ARTS : Art et tabous : un amour de fluides, par Magali Nachtergael
  • SPORT : “No blood, no sweat, no tears?” Fluides, virilité et contrôle du corps athlétique Par  Yann Descamps
  • INTERVIEW : Le gras vraincra… (ou pas) : rencontre avec la drag queen Veronika Von Lear

FLUIDES : Sperme, sang, crachat, gras… pourquoi tant de haines ? Miroir/Miroirs n° 7


FLUIDES : Sperme, sang, crachat, gras… pourquoi tant de haines ? Miroir/Miroirs n° 7



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