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Thomas Dupuy : "Dans GaiPied, ce qui m’a marqué, c’est la liberté avec laquelle les gens s’exprimaient alors..." [GAYVOX]



Comment vivait-on en tant qu’homosexuel il y a à peine 30 ans ? Entre 1979 et 1992, le magazine GAI PIED a été le témoin de tant - et finalement si peu - de changements pour les homosexuels des années 70-80-90 : la « dépénalisation » de l'homosexualité, la structuration d’un de mouvements associatifs, les premières marches des fiertés, les prémices d’une union civile et bien sûr l'arrivée puis l’explosion du SIDA, puis des premières trithérapies... Un travail de recherches et d'analyse de Thomas Dupuy.



Thomas Dupuy : "Dans GaiPied, ce qui m’a marqué, c’est la liberté avec laquelle les gens s’exprimaient alors..." [GAYVOX]
À lire : LES ANNÉES GAI PIED (1979-1992), ou l’homosexualité il y a 30 ans.
(c) Interview pour Gayvox à lire ici !

Question : Comment avez-vous travaillé pour indexer les articles et les analyser ? C’est un travail titanesque.
En fait, c’est un travail que j’avais déjà fait pour Têtu, dans le cadre de l’enrichissement de la base de données de la bibliothèque du Centre LGBT Paris Ile-de-France (dont le résultat est consultable sur http://www.bibliotheque.centrelgbtparis.org/opac_css/). Pour chaque article, il s’agit d’enregistrer son titre, son auteur, un sous-titre pour expliciter son contenu, sa pagination, des mots-clés, afin de permettre à n’importe qui de retrouver l’article voulu…
C’est comme ça que j’ai découvert le magazine, à des fins utilitaires. Sauf que je me suis très vite pris au jeu, et me suis laissé allé à lire les articles, pour mon propre plaisir et ma propre connaissance. J’ai étudié un bon nombre de numéros chaque semaine. C’est vrai que j’y ai passé beaucoup de temps, mais franchement je ne l’ai pas du tout vu comme une contrainte.

Question : Avez-vous trouvé des pépites ? Qu’est-ce qui est le plus étonnant, qui vous a marqué ?
Oui, quelques trucs assez drôles, comme ce grand article consacré à un mannequin débutant qui parle d’expériences sexuelles multiples et qui se demande s’il ne va pas essayer de tourner un porno. A l’époque, il se faisait juste appeler Rocco !
Quelques trucs politiques aussi, des allusions dans certains numéros, dont on n’entend ensuite plus du tout parler par la suite.
Sinon, de manière globale, ce qui m’a marqué, c’est la liberté avec laquelle les gens s’exprimaient alors. On trouve de nombreux articles de people des années 80 qui n’avaient pas de mal à parler de cul, d’homosexualité, d’expériences diverses et variées. Aujourd’hui, leurs agents leur conseilleraient le silence !

Question : Pensiez-vous en faire un livre ?
Non. Pas vraiment en tous cas. J’avais (j’ai toujours) un autre projet de livre, mais qui me prendra plus de temps, et pour lequel je ne veux pas prendre d’engagement que je ne saurais tenir. Non, au départ, il s’agissait juste de relater ce que je lisais, histoire de partager ce que je découvrais. Ecrire la première chronique (celle consacrée à l’année 1992, la dernière du Gai Pied) a été avant tout un plaisir personnel. Je l’ai publiée un peu au hasard, sur la plateforme de blogs de Yagg. Quand j’ai vu qu’elle était lue, j’ai décidé de continuer, mais cette fois en préparant les articles en amont. Pour la première chronique, je l’ai écrite d’un trait, une fois que j’ai eu fini d’étudier les articles de l’année 1992. Pour les suivantes, je prenais des notes au fur et à mesure que je lisais des articles intéressants. J’ai mieux travaillé le plan et le contenu.

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