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Théâtre : Quand Muriel Robin et Annie Gregorio « diabloguent » !



Imaginez une scène 100% moumoute. Oui, de la fourrure, sur les murs, sur les portes, les escaliers. Mettez une Muriel Robin -qui ne comprend pas dans un des sketchs que l’on puisse collectionner les poils- en violet des pieds à la tête et sa meilleure amie dans le civil, l’hilarante Annie Gregorio en rouge vif.



Le choc surréaliste est d’abord visuel. S’ensuit une longue séance de tirades improbabales, pleine de fourrure, ces petites pièces d’étoffe rare qui tiennent chaud, qu’on aime apprécier, caresser, qui évite les aspérités. Si l’on peut aimer le jeu tonitruant de la Robin, on aime doucement un texte qui manque d’aspérité, comme le décor, pour elle. Mais puisqu’elle lirait le bottin- telle le personnage du premier sketch, une vieille actrice de 98 ans qui ne dit plus rien sur scène, mais avec quelle présence !!!- qu’elle aurait du génie, elle le lit avec brillo, ce dictionnaire de situations surréalistes ! Elle l’avait d’ailleurs déjà fait avec une addition, une blague, ou un testament… Annie Gregorio, plus en retenue, méritait plus que d’être le faire-valoir. Toutes les situations sont « entrainées » par la plus blonde des deux. On aurait aimer voir sa force atlantique écraser un peu le caquet de la jacquetante Robin, pour amplifier l’intérêt des sketchs, et mettre en exergue leur parfaite complémentarité. Coupés au couteau, les situations sont ubuesques, si drôles quand deux comédiennes méconnues se demande s’ils ne faudrait pas se marier pour enfin devenir célèbres… Le problème c’est que leurs maris respectifs sont contre le mariage ! Enfantin, décalé, moderne – puisque c’est l’un des rares surréalistes vivants et écrivant de nos jours- le texte de Dubillard avait tout pour séduire le metteur en scène Jean-Michel Ribes. Et avec deux ingrédients épicés comme ses deux comédiennes, le plat était à servir brûlant.
Malgré la jolie musique des mots, la douce folie des personnages (collectionneur de billets de 500€, grande fille qui pense que les ampoules sont des animaux…), le public ultra-senior des séances de 19h au théâtre Marigny finit par vous emmener dans sa torpeur, dans sa ouate dorée, ou donc, dans une chaude fourrure, pas vraiment doublée de piquant…

Avec Muriel Robin et Annie Grégorio est une pièce de Roland Dubillard mise en scène par jean Michel Ribes.
Lieu : Théâtre Marigny - Paris
Dates : du 8 Octobre 2009 au 31 Décembre 2009

De 33 à 43 euros - Du mardi au samedi à 19h - Théâtre Marigny, Carré Marigny, 75008 Paris - Renseignements : 01.53.96.70.30




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