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Théâtre / A voir ce mois ci : Elsa zylberstein en Hannah Arendt, Caroline Sihol en Vivien Leigh, Barbara Shultz en hystérique...



Actrice incontournable du cinéma français et césarisée cette année, Elsa Zylberstein incarne au théâtre la philosophe Hannah Arendt dans Le Démon de Hannah. Un personnage fort, à sa mesure. Barbara shultz incarne elle aussi un personnage historique fort, qui après Hollywood et la philo, donne à penser et à savoir sur la psychanalyse.... COURREZ-Y !



Elsa Zylberstein dans "Le Démon de Hannah"

La pièce met en scène les retrouvailles entre la philosophe allemande et Martin Heidegger, son ancien professeur et amant, qui en 1933 décide de soutenir Hitler

Fort heureuseuement, la pièce ne se résume pas à une thèse philosophique. Elle est vibrante, vivante, humaine, et à vrai dire, assez jubilatoire d'intelligence et de passion !
Elle illustre le paradoxe d'une femme amoureuse : "Ce qui m'intéresse, c'est cette manière dont elle passe de l'intime au politique. Elle est la fille de dix-huit ans, bafouée qui dit 'j'aurais tout sacrifié pour toi'. Et d'un coup, en une phrase, elle devient cette femme philosophe qui dénonce le nazisme et parvient à faire admettre à Heidegger sa culpabilité", explique Elsa Zylberstein.

Son jeu, avec le sombre et profond Didier Flamand, avec l'émouvante Josiane Stoléru en femme d'Heidegger et le truculent

Le Démon de Hannah à la Comédie des Champs-Elysées.
Le livre : Le Démon de Hannah d'Antoine Rault, Albin Michel.

Comédie des Champs Elysées
15, av. Montaigne 75008 Paris
01 53 23 99 19

Du 25 septembre 2009 au 3 janvier 2010.
Du mardi au vendredi à 21h et à 21h30.
Le samedi à 16h30, à 21h et à 21h30.
Le dimanche à 16h30.

"Parole et guérison" avec Barbara Shultz et Samuel Le Bihan

Dans un décor volontairement clinique de Jean-Michel Adam, grand quadrillage noir et blanc avec des tiroirs qui rappellent ceux des morgues et font surgir les éléments de jeu -le divan de Freud, sous son tapis coloré- Didier Long dirige avec une fermeté sans faille d'excellents comédiens réunis pour nous offrir la pièce inspirée au britannique Christopher Hampton (auteur notamment de la version des Liaisons dangereuses 1985) par le cas très célèbre dans l'histoire de la psychanalyse de Sabina Spielrein. Une pièce dont David Cronenberg fera prochainement un film tant son propos est intéressant.

Deux grandes figures du XXè siècle s'affrontent : le grand Viennois de culture juive Freud (Bruno Abraham Kremer, très concentré, intériorisé) et son disciple suisse protestant Jung (Samuel Le Bihan, troublé, tourmenté, ultra-sensible).
Théâtre Montparnasse à 20h30 du mardi au samedi, en matinée à 17h le samedi et 15h30 le dimanche (01 43 22 77 74). La traduction de Didier Long accompagnée d'un copieux documentaire avec, notamment, une contribution très éclairante d'Elisabeth Rodinesco (la photo de la couverture de la revue est de Jean-Paul Lozouet de CiT'en scène).

Caroline Sihol en Vivien Leigh

En fond de scène se déploie l’affiche de Autant en emporte le vent. L’actrice en tailleur blanc se déplace parmi le mobilier un peu clinquant d’un hôtel américain. Vivien Leigh vient donner sa dernière conférence de presse !
Elle, elle se sent fatiguée et brasse, fière, un peu effrayée par toutes les difficultés qui ont marqué sa vie, le tourbillon de ses rencontres, de sa carrière théâtrale et de ses tournages. Sa relation passionnée avec Laurence Olivier est au cœur de son existence. Mais l’ex-vedette de l’Old Vic Theatre à Londres est autant une gloire qu’une victime d’Hollywood.
Figure emblématique du théâtre, Caroline Silhol revient à ses premières amours. Outre des rôles dans des grands films (La Môme, La fille coupée en deux et récemment Non ma fille tu n'iras pas danser...), Caroline âgée de soixante ans est surtout une enfant des planches.
Dans le rôle d'une comédienne, dans un salon d’hôtel qui se transforme en confessionnal humoristique et tragique, échappe ainsi aux clichés du genre. Dans sa mise en scène simple et feutrée, propulsé par le jeu transcendant - le poids de l'expérience, et quelle expérience- de Caroline Sihol, cette conférence de presse est pleine de passion, de souvenirs, de tendresse et de crocs !
Hollywood n'est pas un jardin tranquille et les anecdotes sont délicieuses !
Vivien Leigh définit fort justement les cinq stades de la vie d’une actrice :
1 Qui est Vivien Leigh ?
2 Je veux Vivien Leigh !
3 Je veux une Vivien Leigh !
4 Je veux une Vivien Leigh jeune !
5 Qui est Vivien Leigh ?

On oubliera certainement pas de sitôt Caroline Sihol ! COURREZ-Y !

La Dernière Conférence de presse de Vivien Leigh de Mercy Lafferty, adaptation de Caroline Sihol, mise en scène de Michel Fagadau assistée de Brigitte Villanueva. Comédie des Champs-Elysées, 19 h, tél. : 01 53 23 99 19 (1 h 15).




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