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La circincision protège t-elle du Sida ? L'incroyable polémique sanitaire...



Peut-on prévenir la transmission sexuelle du VIH sans avoir recours au préservatif ? Depuis deux ans, les avis très controversés émergent dans les revues et sur le net, créant une dés-information insensée : NOn, la circoncision ne protège pas ! Les populations africaines qui comptaient sur cette solution pour se protéger sont en danger à cause de l'OMS. Explications.



La circoncision, qui aurait pour conséquence de réduire de moitié la probabilité pour les hommes circoncis d’être infecté par le virus du Sida, ne protège pas les hommes gays, selon la plus vaste étude menée sur la question aux Etats-Unis.
De même, la circoncision de l’homme atteint du sida n’entraîne pas une réduction de la transmission du VIH à ses partenaires sexuelles féminines, a conclu une autre étude effectuée en Ouganda.

Mars 2007 : au terme d'une série d'études scientifiques plus ou moins controversées, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) décidait d'inclure la pratique de circoncision parmi les possibles stratégies de prévention du sida.
Juillet 2009 : une série d'études scientifiques publiées dans les colonnes du Lancet (8 juillet) tend à prouver que la circoncision d'hommes séropositifs ne conduit pas à une réduction du risque de transmission du VIH à leurs partenaires sexuelles féminines.

Tout, ou presque, commence en décembre 2006. L'institut national américain de l'allergie et des maladies infectieuses annonce alors publiquement qu'il avait décidé de mettre fin prématurément à deux essais cliniques menés en Afrique. Les conclusions de ces études disaient que la circoncision conférait une protection partielle, de l'ordre de 50 %, contre l'infection par le VIH. Cette observation confirmait alors les données d'un autre essai franco-sud-africain (financé par l'Agence nationale française de recherche sur le sida) conduit en 2005 et qui montrait une diminution du taux d'infection par le VIH chez des jeunes adultes circoncis.

Mars 2007. Au terme d'une réunion d'experts organisée en Suisse l'OMS et l'Onusida annoncent qu'ils recommandent la pratique de la circoncision comme moyen de prévention de l'infection.
Mais pas sans nuances : les responsables de ces deux institutions insistent sur le fait que cette pratique ne protège pas complètement et qu'elle ne saurait remplacer les autres méthodes de prévention.
Autant dire, la demi-protection dans le cas de transmission de virus est égale à zéro protection. Même si c'est mieux, seul le préservatif protège à 100%.
Les experts soulignent que tout devra être mis en œuvre pour mettre en garde les hommes circoncis et leurs partenaires contre «un sentiment erroné de sécurité».


Et puis juillet 2009 et ces nouvelles études qui remettent tout, ou presque, en question.
La circoncision protège-t-elle aussi une femme du risque de transmission du VIH par un homme ? Non, concluent en substance les auteurs de la nouvelle étude publiée par The Lancet. Ce travail a été mené sur 922 hommes séropositifs âgés de 15 à 49 ans et vivant dans le district de Rakai en Ouganda. La moitié d'entre eux avait bénéficié d'une circoncision immédiate après le diagnostic de séropositivité et l'autre d'une circoncision deux ans plus tard. Leurs partenaires sexuelles, non-séropositives, avaient également été inclues dans l'étude.

Les chercheurs ont ensuite comparé les taux de transmission du VIH au sein de 92 couples dont l'homme avait déjà été circoncis et de 67 couples dont l'homme ne l'était pas encore (on parle ici de «groupe de contrôle»).
Conclusion fatale : les taux d'infection des femmes ont été plus élevés dans le groupe des hommes circoncis (18% soit 17 femmes sur 92) que dans le groupe de contrôle (12% soit 8 des 67 femmes).

Comment expliquer ces résultats? L'excès de contamination dans les couples dont l'homme venait d'être circoncis pourrait, en partie, être dû à une reprise précoce des relations sexuelles après la circoncision; et ce alors même qu'il était conseillé aux hommes de s'abstenir de tout rapport sexuel jusqu'à une cicatrisation complète.

Les chercheurs concluent: «Sur une durée de 2 ans, les observations montrent que la circoncision d'hommes infectés par le VIH ne réduit pas la transmission du VIH aux partenaires féminines. Aussi, l'usage du préservatif après une circoncision est un geste essentiel pour la prévention de la transmission du VIH.» Au vu de ces résultats, et pour des raisons éthiques, l'étude a été interrompue prématurément.

Mais, sur ces hésitations, le Botswana a mis en place un programme pour circoncire 80% de la population masculine, soit 460.000 hommes, afin de limiter la propagation du sida dans ce pays d'Afrique australe fortement touché par cette maladie. Pendant ce temps, le taux de prévalence du VIH dans la population adulte est de 24% et l'espérance de vie n'y est plus que de 34 ans.

Le rejet historique du préservatif, pour des motifs religieux et sociologiques va t-il être accentué dans ces pays ? La difficulté de mettre en place des campagnes pour le port du préservatif fait cruellemnt écho aux campagnes éclair pour des circoncisions...

Faut-il pour autant, au vu des dernières données statistiques, organiser une campagne sanitaire de circoncisions collectives?




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