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Greg Araki : "Pourqoi j'ai filmé Kaboom !"



Smith mène une vie tranquille sur le campus - il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet - jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer.
Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l’humanité...



Lors d’un festival il y a quelques années, John Waters m’a remis un prix pour Mysterious Skin. En coulisses, il m’a regardé dans les yeux et m’a dit « Tu sais, Mysterious Skin est très bien, mais j’aimerais vraiment voir un film de Gregg Araki à l’ancienne ». Devant lui, j’ai ri mais au fond j’étais flatté qu’une icône comme lui s’intéresse à mes films. En fait, à cette époque, j’étais justement en train de travailler sur un scénario qui serait plus dans la lignée de The Doom Generation et de Nowhere - deux de mes films les plus souvent cités, comme étant leurs préférés, par les fans que je croise.
Je n’essaie pas du tout de me détacher des deux derniers films que j’ai faits : Mysterious Skin et Smiley Face. Même si je n’en ai pas écrit l’histoire, ces deux films me tiennent très à coeur et j’en suis fier. Mes films sont comme mes enfants, et ces deux-là ne sont pas moins les miens que les autres. Néanmoins, il y a bien sûr un fond intrinsèquement plus personnel dans les films qui sont des purs produits de mon imagination, et tout particulièrement les films de la trilogie « Teen Apocalypse » faits dans les années 90. Totally F**ed up, The Doom Generation et Nowhere sont des films à petit budget, très « libres » et donc très proches de moi.

Source : Dossier de presse.
Je n’avais aucune envie de me répéter ou de régresser artistiquement, toutefois j’étais très enthousiaste à l’idée de faire un film aussi débridé et fou que mes premiers. Je les ai réalisés à une période de ma vie ou j’étais plus naïf et idéaliste, vis-à-vis du cinéma mais aussi de la vie en général.

Le point de départ de Kaboom était empreint d’une sorte de nostalgie. Celle de l’inconscience de la jeunesse et de l’inconnu – à la fac, tu ne sais pas qui tu es, ce que tu vas faire, qui tu vas devenir – le futur n’est pas écrit, et la vie est un point d’interrogation marqué par le doute et le manque de confiance. La vie est si écrasante que chaque décision, chaque relation semble impossible et condamnée à la catastrophe. C’est l’époque de la folie, de l’évolution, du chaos, des grandes aventures et d’émotions encore plus grandes… et tu te sens complètement dépassé. Plus tard tu réalises que c’était en fait les meilleures années de ta vie.

En plus de cette idée, qui me travaillait, j’avais toujours voulu faire un film énigmatique et mystérieux inspiré par Twin Peaks de David Lynch. J’étais un jeune étudiant quand cette série a secoué la télé américaine et elle m’a réellement bouleversé, influençant non seulement mon travail, mais aussi toute ma vie. J’ai toujours était très inspiré par la scène post-punk et la musique alternative, il y a quelque chose de très « punk » dans Twin Peaks et dans la remise en cause de l’idéal « mainstream ». Cette oeuvre était profondément originale, radicale, elle ne se souciait pas des conventions ni même de la compréhension. Elle avait une pureté audacieuse, intrigante, nouvelle et inspiratrice. Tout en sachant qu’il est impossible de créer quelque chose qui puisse s’approcher d’une oeuvre aussi importante, Kaboom aspire à sa liberté et à sa pureté - imperturbable face aux contraintes du marché et du « mainstream ».

Kaboom veut juste exister et vibrer à son propre rythme.

K A B O O M
Un film de Gregg Araki
Avec
Thomas Dekker, Haley Bennett, Chris Zylka, Roxane Mesquida, et Juno Temple





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