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Exclu : Rencontre avec Isabel Gaspar pour son expo photo "Retrospection"



Isabel Gaspar, diplômée des Beaux-Arts de Lille, photographe et experte en communication visuelle depuis 20 ans, expose au « Miss Bar », 18 rue de Gand à Lille, à partir du jeudi 02 juillet.



Pour une durée d’un mois, l’exposition photographique qui s’intitule RETROSPECTION, a pour thème l’architecture urbaine des années 30 et de la période Arts-déco dans la région du Nord-Pas-de-Calais.

Des lieux de vie, tels « La Piscine » de Roubaix avant sa rénovation, le stade du Fresnoy et la villa de M. Cavroix à Croix, futur site culturel, ont inspiré l’artiste et reflètent son soucis de sauvegarder la mémoire de l’architecture en temps de crise et des hommes qui l’ont bâtie.

25 œuvres photographiques, en noir et blanc et en couleur, seront exposées au « Miss Bar » et feront l’objet d’un vernissage en présence de l’artiste le jeudi 02 juillet à 19h00.

A cette occasion, Isabel Gaspar ira à la rencontre du public

INTERVIEW: Mais qui est-elle, Isabel ... ?
• Isabel Gaspar, … c’est votre nom d’artiste, un pseudo ?

Absolument pas, je suis d’origine Portugaise, Isabel s’écrit bien comme cela, sans effet de style.

• La photographie, c’est avant tout une passion, une vocation, un métier ?

J'ai commencé à m'intéresser à la photo quand j'étais aux beaux-arts, il y a une vingtaine d'année.
Les photographes comme Doisneau, Bouba ou encore Abbot m’ont inspiré tant de sensibilité et d'émotion, que j'ai trouvé grâce à eux et par la photographie, le support idéal pour ma démarche artistique.
C'est devenu une véritable passion puis peu à peu un moyen et une raison de vivre.

• Techniquement, comment travaillez-vous ?

Principalement en argentique mais depuis 10 ans, il est difficile d’échapper au numérique. non ?

• Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Sans hésitation, l’architecture, la période arts-déco et les années 30.
Cependant, l’innocence d’un sourire d’enfant, un regard volé ou posé me troublent et m’inspirent de plus en plus.
Mes expériences de vie aussi … enfin, la solitude surtout.

• Peut-on parler d’une démarche autobiographique ?

Mes états d’esprit ou mes états d’âme ont certes leur influence… par exemple, le décès de ma grand-mère a profondément inspiré mon travail sur les escaliers. J’ai voulu y voir une sorte de montée vers la lumière.
Mais avant toute chose, mon inspiration provient des lieux de vie abandonnés et en phase de rétablissement. L’essence de leur fonction actuelle davantage que la quintessence de leur fonction première guide ma démarche et émoustille ma créativité.
La résurrection de ces lieux fait intrinsèquement resurgir des époques révolues pour avoir été trop dures, quoi que…
Personnellement, je préfère parler de mon regard sur la société plutôt que d’un message politique.

• Que dénoncez-vous au travers de ce regard sur la société ?

Clairement, le manque de solidarité.
Ma fantaisie cache sans doute un côté rebelle, révolté …
D’où la référence dans ma prochaine exposition à la terrible période et aux crises de 1929 – 1939.

• A ce propos, pourquoi avoir choisi un lieu comme « le Miss Bar » pour cette exposition à partir du 02 juillet ?

Muriel, la patronne du « Miss Bar », connaissait déjà mon travail et m’a spontanément proposé cette exposition dans son établissement.
Depuis 1998, j’expose régulièrement dans les lieux de rencontre lillois, les bars, les hôtels, les restaurants.
Ce mode de rencontre avec le public vient compléter d’autres expositions plus académiques en galeries d’art comme Mic’Art ou encore la galerie de Charles Etnareff à Saint-Amand.
J’aime m’adresser au plus grand nombre plutôt que de cibler exclusivement un public d’initiés.
D’un point de vue artistique, j’accepte volontiers le « j’aime / j’aime pas ».

• Vos futurs projets ?

Continuer par d’autres expositions à promouvoir la photographie encore méconnue en France ou considérée comme un art mineur face à la peinture. Londres ou New York ont 50 ans d’avance dans ce domaine. Les photographes y sont exposés dans les musées depuis longtemps …
En parallèle, j’envisage de participer à des concours, de faire évoluer mon travail vers l’humain, le portrait ou le nu.
Mon approche évolue et je reste à l’affût de sujets ou de propositions.

• Un message au public ?

Multiplier les visites d’expositions. Privilégier la réflexion plutôt que l’adhésion.
S’intéresser au travail du photographe même si on n’afficherait pas ses clichés dans le salon.
On ne parle pas d’un bouquet de pâquerettes !





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