Installée au coeur d'un ghetto noir de Milwaukee (Wisconsin), cette école, qui a bénéficié au départ d'un petit coup de pouce de la Fondation Bill Gates, est un établissement public qui accueille 165 enfants, de 11 ans à 19 ans, venus de quartiers pauvres pour la plupart. Un peu plus de la moitié des élèves se disent gays, bisexuels, transgenres ou "pansexuels", c'est-à-dire qu'ils refusent de se laisser enfermer dans un sexe défini. Les autres sont ou se sentent différents pour une raison ou pour une autre : trop gros, trop petits, trop timides, trop bizarres... Le plus souvent, ce sont les parents, qui ne supportent plus de voir leurs enfants malheureux, qui les ont inscrits ici : "J'aurais voulu qu'une école comme celle-ci existe à mon époque", insiste Samuel, père de deux fillettes de 12 et 13 ans. L'une est petite pour son âge, l'autre est en surpoids. " Elles ne voulaient plus aller à l'école. Maintenant, elles me réveillent pour ne pas être en retard."
Tina Owen, la fondatrice et directrice, accepte tous ces ados, quels que soient leur look, leur identité sexuelle et leur passé. A une seule condition : "Qu'ils soient prêts à respecter les autres" Prévue au départ pour accueillir les enfants à partir de 15 ans, l'école a fini par ouvrir, il y a deux ans à la demande de parents, des classes dès l'équivalent de la sixième. Des gamins de 11 ans ont-ils une conscience si claire de leurs préférences sexuelles ? "Non, assure Tina, et d'ailleurs, on ne leur pose pas la question. Mais s'ils arrivent chez nous, c'est souvent parce qu'ils se sentent mal ailleurs."
Tina Owen a créé cette école avec un objectif très simple : "Je voulais un lieu où ces enfants puissent étudier en sécurité" Elle se souvient, quand elle était professeur, d'adolescents discriminés, y compris par des collègues parce qu'ils étaient gays. Elle les a vus quitter l'établissement, se marginaliser.
A l'Alliance School, la plupart des classes commencent par des "cercles de parole". C'est ainsi qu'Otis, 16 ans, a raconté pour la première fois son histoire. Rejeté par sa mère parce qu'il était gay, violé par un beau-père, cet ado de 16 ans qui rêve de devenir styliste, et vit aujourd'hui dans un foyer, s'est senti libéré. "Il y a eu beaucoup d'émotion, de larmes et de soutien ", note-t-il. Lui aussi dit que l'école "a sauvé sa vie, en le remettant sur de bons rails".
LIRE LA SUITE sur le NouvelObs.com !
(Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 5 janvier 2012)
VOIR LE REPORTAGE (en anglais) ci-dessous ou sur le site de ABCnews ici
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Observatoire de l'homophobie
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Editions "Des ailes sur un tracteur"











