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D'où viennent les Marches des fiertés ? Un peu d'histoire...



Cette année sera le 46e anniversaire d’une émeute mémorable pour les gays, lesbiennes, bi-e-s et trans’, qui a eu lieu dans un bar de New York, le Stonewall Inn, en juin 1969.



D'où viennent les Marches des fiertés ? Un peu d'histoire...
Lassé-es des vexations et du harcèlement des policiers, des travestis, des trans’, des lesbiennes, des gays affrontent pendant une semaine les forces de l’ordre. Un an après, les premières Lesbian & Gay Prides ont eu lieu à Los Angeles et à New York pour commémorer cet anniversaire. Ces émeutes représentent le moment symbolique marquant le début du mouvement des droits civiques pour les personnes LGBTI, aux États-Unis et partout dans le monde. Ainsi, des marches similaires sont organisées depuis dans d’autres villes et partout dans le monde.

Mais déjà à l’été 1966, à San Francisco, des travestis qui se trouvaient à la Compton’s Cafeteria du quartier Tenderloin s’étaient battus avec des policiers qui voulaient les arrêter. Là encore, l’incident était passé inaperçu.
(Voir le documentaire de Susan Stryker et Victor Silvermann, Screaming Queens, The Riot at Compton Cafeteria.

Nous sommes chaque année les porteurs de ces valeurs d’égalité et de liberté pour lesquelles nous marchons encore cette année partout dans le monde !

La fierté d'être gay, lesbienne, bi ou trans fait maintenant partie des coutumes de la communauté LGBT partout dans le monde ! À cette fierté, des spectacles, défilés, soirées dansantes et divers événements d'envergure viennent se juxtaposer afin de créer un élément unique en son genre.
Bien sûr, son allure s'est parfois épurée, son contenu s'est adapté aux changements mais, sa mission demeure la même : se donner de la visibilité dans le but de permettre au monde entier de reconnaître, de comprendre et d'accepter l'homosexualité, la bisexualité, le transgenre et les différences de genres…

D'où viennent les Marches des fiertés ? Un peu d'histoire...
Aux États-Unis
New York, le 27 juin 1969 : une banale descente de police dans un bar gay de Greenwich Village, le Stonewall, tourne à l'émeute durant cinq jours.
Un an plus tard, cinq mille gays défilent pour commémorer l'anniversaire de ce que l’on appelle désormais « Stonewall ». C’est la naissance d'un mythe de la libération gay. Dix ans plus tard, en 1979, entre trois cent mille et cinq cent mille LGBT (qu'on appelle pas encore comme ça) qui défilent sur Washington.
Plusieurs autres villes se sont jointes au mouvement afin d'en faire une célébration nationale. C'est le cas de Chicago, San Francisco, Boston et Los Angeles...

Depuis, ces parades réunissent jusqu'à un million de personnes tant à Washington qu'à New York et les maires de plusieurs grandes villes américaines défilent même en tête des cortèges.

Au Canada
Le Canada s'est vite rallié aux États-Unis, sa première marche ayant eu lieu à Ottawa, en 1970. Plus tard (années 1980), ce fut au tour des communautés gays de Toronto, de Winnipeg, de Vancouver et finalement de Montréal, à établir leurs propres Gay Pride et ce, avec vif succès.

En Grande-Bretagne
Londres fut la première ville à organiser sa Gay Pride en Europe et ce, dès 1972. Depuis, chaque année, elle reçoit des visiteurs des quatre coins du globe, venus expressément pour participer aux célébrations !

En France
En 1970, en France, la seule association homosexuelle existante est Arcadie. Contrairement aux pays anglo-saxons, son responsable André Baudry pense que les homos peuvent s'intégrer dans la société s’ils font preuve de responsabilité, de modération, en évitant les comportements trop démonstratifs. Arcadie ne participera jamais à une Gay Pride, malgré le sens de l’histoire qui semble se dessiner dans le monde.
Ce n'est qu’en mars 1971 avec la création du FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) que ceux que l’on n’appelle pas encore les LGBT vont vouloir commémorer les émeutes de Stonewall. En 1974, c’est le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle) qui est de tous les défilés de la fête du travail du 1er mai aux côtés des syndicats, des partis de gauche mais surtout du MLF (Mouvement de Libération de la Femme) avec lequel il a un combat commun : la lutte contre le pouvoir du mâle hétérosexuel qui considère les femmes et les homosexuels comme des êtres inférieurs.
Mais nous n’en sommes pas encore à ce que l’on appellera plus tard « la Marche des fiertés ». L’histoire tarde à se mettre en route en France.
Ce n’est alors qu’en juin 1977 que Paris connaît sa première marche « purement » homosexuelle, même si aucune référence aux événements de Stonewall n'est faite.
En 1978, les associations homosexuelles présentent des candidats aux législatives et ne défilent pas. Ce n’est qu’à partir de 1979 que les associations vont parler de « Gay Pride » et que l'événement va se reproduire sans interruption chaque année en juin jusqu'à aujourd’hui.

Le 4 avril 1981, en pleine campagne présidentielle, (et non au mois de juin comme le veut la date anniversaire de Stonewall) à lieu à Paris le premier rassemblement homo d’ampleur.
10 000 gays et lesbiennes sont présents pour faire pression sur les futurs éventuels élus. Le CUARH (Comité d'Urgence Anti-Répression Homosexuelle) exige la suppression du délit d'homosexualité sur mineur de 15-18 ans, et la dissolution du groupe de contrôle des homosexuels de la préfecture de police. Le soir, Juliette Gréco donne un récital au Palais de la Mutualité devant cinq mille personnes. Les médias se font encore discrets.
Le 19 juin 1982, après que Mitterrand ait dépénalisé l’homosexualité dans sa première année de mandat, ce sont encore dix mille homos qui défilent pour une « affirmation homosexuelle », avec une forte participation des lesbiennes regroupées en un cortège distinct (à la demande du MIEL : Mouvement d'Information et d'Expression des Lesbiennes). Les slogans demandent l'accès aux médias et l'autorisation d'émettre pour la radio Fréquence Gaie (future FG). La modification de l'article de loi sur l'âge de la majorité sexuelle ayant été rejetée au sénat, celle-ci est à nouveau placée au centre des revendications du Cuarh. Le soir, Marie-Paule Belle donne un récital. Dès 83, le militantisme gay s'essouffle, et simultanément apparaissent les premiers chars commerciaux gays. En 1987, la marche trouve une cause commune en se mobilisant contre Jean-Marie Le Pen, ses propos, ses idées. La lutte contre le sida et la naissance d'Act Up Paris en 1989 redonnent souffle et motivation au défilé. Le die-in (les manifestants se couchent sur le sol pour protester contre l’inaction des gouvernements) fait forte impression. En 1991, les slogans fusent contre le Sénat qui veut rétablir la notion de délit d'homosexualité et élever au rang de délit la transmission du sida. En 1992, la Ligue des droits de l'homme se joint au cortège. Puis, d’année en année, les slogans s’axeront sur le sida, le CUS devenu PACs, puis le mariage ou l’adoption pour les gays, le dong du sang pour les gays, la lutte contre l’homophobie, la transphobie, la lesbophobie… etc.
Depuis, les grandes villes de France, d’Europe et du monde occidental démocratique ont leurs Gay Pride.

VOIR : Prides et marches des fiertés: toutes les dates

Dans le monde
Ce n'est que vers la fin des années soixante-dix, et même dans certains cas dans les années quatre-vingt, que l'Espagne, l'Australie, l'Italie, l'Allemagne, l'Afrique et l'Argentine organisent leurs premières manifestations d'envergure. Encore à ce jour, leur popularité n'est que grandissante !
Même Jérusalem, lieu de crispations internationales et religieuses, a sa Gay Pride. Mais la Pologne et la Russie, comme les pays africains ou arabes, répriment, parfois très violemment, les tentatives d’organisation de Marche des fiertés.

Chaque été, l'Europe vit intensément l'Europride. C'est l'événement paneuropéen dédié à la fierté LGBT. Accueilli par une ville européenne, on y organise plusieurs activités diverses afin d'y célébrer la diversité sexuelle dans divers domaines.
Durant une quinzaine de journées, des manifestations monstres ou parfois plus modestes s'organisent. L'événement se termine généralement par un long week-end du Mardi Gras durant laquelle on y découvre le défilé de la fierté gay où se mélangent musique live, imitateurs de stars féminines, gars sexy et associations.
L'Europride a été inaugurée à Londres en 1992 où plus de cent mille gays et lesbiennes se sont réunis pour manifester pour leurs droits en Europe. Suivi de Berlin et d'Amsterdam où cette dernière a vécu des moments très difficiles laissant derrière elle une faramineuse dette.
En 1996, l'Euro Pride a repris ses lettres de noblesse en bénéficiant du soutien de la ville de Copenhague afin d'y accueillir l'événement touristique de classe internationale. Il a fallu attendre en 1997 pour que Paris accueille pour la première fois de son histoire l'Europride. Délire, fête et admiration pour cet événement qui a attiré plus de trois cent mille LGBT à la Bastille.

Proposée par l’interassociative des interassociatives InterPride de chaque pays du monde disposant d’une Pride, la World Pride soulève des questions au niveau international lors du défilé et propose diverses activités culturelles. À partir de 2014, pour le 45e anniversaire des émeutes de Stonewall, l'événement aura lieu sur un cycle de cinq ans. La WorldPride inaugurale s'est tenue à Rome en 2000, puis à Jérusalem en 2006.

Sources :
http://www.hexagonegay.com/Gaypride-Histoire.html
http://www.liberation.fr/evenement/0101145773-de-greenwich-village-aux-rues-de-parisne-aux-etats-unis-en-1970-le-mouvement-a-debute-en-france-en-1981
http://www.erikremes.net/fenetre.php?textesID=34

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