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A VOIR : "Mutantes", documentaire de Virginie Despentes sur la post-pornographie lesbienne



Il y a les détracteurs de Virginie Despentes et ceux qui l’encensent, toutefois à la vue de son documentaire Mutantes, la justesse de sa caméra est à souligner. C’est aussi une façon très intelligente de sortir des sentiers battus – de toute manière, avec un sujet pareil, il aurait été difficile de faire autrement.



Le parti pris de Virgine Despentes a été de s’éloigner de l’éternel combat entre abolitionnisme Abolitionnisme et féministe. Aussi, à la place des documents d’archives ou d’une lecture chronologique, elle offre la parole aux premières concernées : les actrices, les réalisatrices, productrices de films pornographiques. Ce documentaire est ainsi un hommage adressé aux militantes de la réappropriation du corps féminin et de sa sexualité dans les années 80 : Carol Queen, Maria Beatty, Lynn Breedlove, Annie Sprinkle, Candida Royalle… Qu’elles soient versées dans le cinéma, la politique ou sex-worker, entendre leurs voix épanouies est un vent d’air frais sur ce fond de débat assez lourd finalement. Manifeste lesbien et libertaire Virginie Despentes n’est pas en reste pour faire un manifeste coup de poing. Ici, elle confirme qu’elle est lesbienne et bien dans sa peau, et nous propose d’écouter toutes ces définitions de cet état de fait, sur lequel elle ne statue pas. En revanche, elle laisse passer sa voix dans une timide affirmation qui fait à peine office de conclusion «le mouvement post-porno est une nouvelle étape de la révolution féministe». De ce mouvement très silencieux, elle en trace une géographie : des Etats Unis à Barcelone à laquelle on peut ajouter Berlin. Dans le même temps, cette pornographie n’a pas d’uniformité contrairement à celle diffusée très classiquement grâce à la bienveillance de l’internet haute vitesse montreal, Milan, Londres, ou Paris. Les genres et les narrations se côtoient sans se ressembler avec un fond commun très mince. Les esthétiques sont très différentes : du SM très chic et retro aux performances des plus contemporaines dont les Barcelonaises sont les fières représentantes. Virginie Despentes laisse donc la parole à ses femmes qui réalisent un important travail de définition d’elle-même, de leur perception du genre et ce ne sont pas les appellations qui manquent : « bio-femme », « lesbienne », « hétéro décentrée », « cyborg straight »… ce qui au final est quelque peu déconcertant. En effet ce travail sur le statut, le genre est-il obligatoire ? Virginie Despentes en affirmant qu’elle est tout simplement en couple avec une femme et heureuse semble ne pas prendre le parti des femmes qu’elle filme… Mutantes de Virginie Despentes (FR, 2009, 1h30). Suppléments: entretiens avec Annie Sprinkle, Lydia Lunch et Catherine Breillat. Bonus: Victor Marzouk, Laszlo Pearlman, Piernas Lungas de Maria Llopis et Pelea de Perras. Livret de 16 pages bilingue. Vo st français, anglais, espagnol/ all zones. Un DVD édité par Blaq Out. 45T offert par Hors-circuits*. Sorti le 5 octobre




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