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10 stars font une exposition sur les "icônes gays et lesbiennes" à Londres



Dix homosexuels assumés et célèbres dans leur pays - six hommes et quatre femmes, écrivains, politiques, sportifs, chanteurs - ont sélectionné chacun six photos de ceux qui les ont inspirés, les ont aidés à être ce qu'ils sont.



Qu'est-ce qu'une icône gay ? La question n'est pas vraiment posée par l'exposition «Gay Icons» qui se tiendra cet été à la National Portrait Gallery de Londres.
Un panel de dix «experts», parmi lesquels Elton John et la tenniswoman Billie Jean King a été sollicité pour choisir ses "icônes", avec un côté plus politique que glamour du mot "icône". Pas de Beyoncé, de Madonna ou de Judy Garland (NDLR : dont la mort déclencha Stonewall, la première ga-pride..) donc, mais quelques surprises...

L'écrivain Sandy Toksvig, qui préside le panel, pense que les visiteurs seront «terriblement surpris» par la sélection, et souligne que les portraits choisis sont ceux de «personnalités qui ont eu à se battre du fait de leur sexualité».
Sandi Toksvig a, entre autres choisi une peintre française du XIXe siècle, Rosa Bonheur, qui a vécu cinquante ans avec la même femme. Célèbre en son temps, elle avait été présentée à la reine Victoria, qui appréciait beaucoup son travail. Mais n'était manifestement pas au courant de ses moeurs.
L'écrivain Allan Holling a retenu Joe Dallesandro, acteur fétiche d'Andy Warhol, et le poète victorien Gerard Manley Hopkins, célèbre pour ses poèmes homoérotiques.
Billie Jean King a sélectionné la tenniswoman Althea Gibson, première noire a gagner un tournoi du grand Chelem, et Nelson Mandela, qui est «l'icône de tous, gay ou hétéro», terriblement friendly donc...
Elton John a quand à lui choisi deux hétéros ! Son parolier Bernie Taupin d'abord, et le violoncelliste Mstislav Rostropovich.
Chris Smith enfin, premier politicien britannique ouvertement gay, a retenu la femme de lettres et féministe Virginia Woolf, ainsi que Alan Turing, mathématicien britannique père des ordinateurs, qui a fini par se suicider après avoir été persécuté à cause de son homosexualité.


Ce choix (des stars qui choisissent d'autres stars) est donc intéressant sur le fond, mais pas de "gay icons" donc, mais des icônes pour certains gays peut-être. Une occasion de découvrir certaines personnalités, de rendre hommage à des britanniques ou des gens du monde entier qui se sont battus, souvent pour que leur sexualité soit respectée.
Car, plus que la représentation des idoles des homosexuels, c'est le parcours intime de chacun des dix sélectionneurs qui est présenté", explique Pim Baxter, vice-directeur du musée. On y voit même des anonymes.
Même Tony Blair, qui avait en 1997, freiné l'élection de la poétesse royale aujourd'hui élue (Carol Ann Duffy), mais été élu ensuite sur un programme gay-friendly, est présenté par son portrait.

"Nous venons de loin", commente Gary Nunn, porte-parole de Stonewall (une association de défense des droits des gays) dans Le Monde. Ce n'est en effet qu'en 1967 que Londres décriminalise l'homosexualité - en France, cela remonte à 1791.

"Cette exposition dans un des plus grands musées britanniques n'aurait pas pu avoir lieu il y a quinze ans. Le Daily Mail aurait grimpé aux rideaux", juge Ben Summerskill, le président de Stonewall. Westminster aurait évoqué la question de l'argent public ainsi dépensé pour une minorité, comme l'avait fait la Chambre des lords, en 1977, quand le National Film Theater avait présenté à Londres 30 films sur "les images de l'homosexualité". Ou encore la Chambre des communes, qui s'était offusquée, en 1987, quand la BBC avait diffusé un épisode de la série "EastEnders" dans lequel deux hommes s'embrassaient quelques secondes. Les tabloïds l'avaient rebaptisée "EastBenders" ("les pédés de l'est de la capitale").
Sandi Toksvig s'est aussi souvenu des menaces de mort qu'elle a reçues quand elle a fait son coming out, en 1994.
Les choses ont changé. Quand la visibilité atteint les institutions comme la National Gallery, on peut dire que les moeurs ont évolué. Qu'elles le peuvent encore grâce aux institutions.

A quand les icônes gays françaises sur les grilles du Sénat ?

Plus d'infos sur le site
Gay Icons, du 2 juillet au 18 octobre à la National Portrait Gallery.
St Martins Place, London
London, WC2H 0HE





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